• Si on s'interroge sur le rapport Mal-traiter VS Bien-traiter, un dénominateur se trouve en commun "Traiter".

    Qu'en est-il de ce terme qui peut nous aider à mieux définir cerner la question de la Bientraitance ? :

    Définition de "traiter" :

    1 Soumettre à un traitement médical
    2 Appeler de tel ou tel nom Péjoratif
    3 Transformer pour une substance
    4 Soigner pour des cultures (engrais, insecticides...)
    5 Régler pour un échange commercial, une affaire
    6 Négocier, parlementer
    7 Faire le tour pour un sujet, une question
    8 Soigner,
    9 Etudier un sujet particulier

    Il y a donc bien un rapport au soin, à une expertise
    Mais c’est surtout un rapport à la chose, à l’objet ou à l’humain mais de manière péjoratif...

    Donc traiter qqun, reviendrait à le considérer comme l’objet d’une attention, d’une expertise.

    Mal-traiter reviendrait donc ne pas considérer l’Autre comme pouvant être l’objet d’une attention, donc pouvant être l’objet de mes envies, de mes pulsions, mon objet.

    Et Bien-traiter alors ?

    Ne serait-ce pas aller au-delà de la chose qui nous préoccupe dans l’autre, qui attire notre attention ?
    Un peu comme « L’arbre qui cache la forêt », est ce que notre attention n’a pas été absorbée par l’objet de nos préoccupations, de nos connaissances au détriment de l’être humain qui est derrière lui, qui porte cet objet d’attention ?

    Voilà une nouvelle réflexion, qui j'espère vous amènera à penser ce terme et ce concept et à partager vos réflexions sur ce site, n'hésitez pas !

     

    Mal-traiter VS Bien-traiter ?


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  • Suite à une remarque d'une "Cadre" que j'ai rencontrée, il y a quelques temps, je tenais à faire cet article.

    En effet, j'ai tendance à charger un peu le dos des "Responsables", "Cadres", "Directions" qui seraient des freins à la mise en place d'une dynamique bientraitante.

    De part mon activité de formateur et de psychologue, il est vrai que je suis plus amené à cotoyer les professionnels que les "Cadres". Mais j'ai eu la chance de pouvoir rencontrer des Directeurs qui ont pu me démontrer deux choses :

    1- Ils ont de réelles contraintes (financières-légales-organisationnelles) qui les limitent énormément dans leurs initiatives et leur liberté d'impulser une dynamique beintraitante au sein de leur établissement. Et je les crois, sincèrement. Ils sont eux aussi pris dans le système, la politique du "rationnel-financier-performance-rentabilité". Une majorité, j'espère, ont fait le choix de ce poste pour défendre des valeurs humanistes, et ils sont aussi souvent mis en difficulté devant la réalité de leur tâche.

    2- Ces mêmes Directeurs ont pu me démontrer que malgré cela, avec une connaissance fine de leur champ d'intervention, ils avaient pu démontrer qu'une gestion humaine et intelligente était possible ! Certes à quel prix... mais si certains y arrivent alors pourquoi pas d'autres ?

    Cela nécessite surement un investissement énorme, surtout s'il l'on essaie de ne pas rester dans la logique véhiculée par le "Système" mais je suis sûr que cela doit être une grande reconnaissance quand les professionnels viennent avec plaisir, envie et peuvent donner du sens à leur pratique professionnelle.

    Je vous invite à lire l'article suivant : Management Bientraitant

    Bouc émissaire


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  • A entendre beaucoup de réflexions sur la Bientraitance, appuyées des divers rapports publiés, la Bientraitance devrait relever du bon sens des professionnels !

    Et bien non, justement ! Et c'est en ça que la Bientraitance doit pouvoir se travailler, être pensée, être porter dans une véritable culture de la Bientraitance de la préoccupation de l'Autre.

    La Bientraitance, telle que nous la définissons, n'est en rien naturelle.

    Pourquoi ?

    Nous avons constamment besoin de nous sécuriser, nous attacher, comprendre, donner du sens aux situations que nous rencontrons. Or partir de l'autre, de sa logique, de ses références, de son histoire, son univers nous amène justement à devoir jouer avec nos propres repères, nos propres références - intimes, familiales, expérimentales, théoriques - et ainsi accepter de se mettre dans un déséquilibre fragile, parfois.

    Être bientraitant c'est accepter d'être le plus humain possible envers l'autre...

    Être humain, c'est essayer de trouver l'équilibre entre ce qui m'appartient et ce qui appartient à l'Autre. Comment ne pas imposer à l'autre sa logique et comment ne pas se faire submerger par la loqique de l'autre ?

    En vrac :

    - Se rendre disponible, accessible que se soit phyisiquement, psychiquement, matériellement, humainement. Essayer de casser le rapport de dominant-dominé qui peut s'imposer à nous (cf l'article Dominant-Dominé)

    - Donner la parole à l'Autre qui sait mieux que quiconque comment il vit sa situation, ce dont il a besoin, ce qu'il ressent etc..

    - Se connaître, être à son écoute dans ses représentations, ses a prioris, ses jugements, ses ressentis qui sont naturelles, dans le sens où cela s'impose à nous en fonction de notre éducation, nos expériences, nos croyances, etc...

    - Accepter de lâcher prise, faire part, dans une certaine mesure de ses ressentis, de ses impressions, de constats. Ce qui est violent, ce qui agresse, ce qui bloque le rapport à l'autre ce sont les jugements que nous portons sur l'autre, pas ce qui vient de nous, dans le sens où tout à chacun pense et à le droit de penser même si l'on ne partage pas les mêmes idées

    Voilà pourquoi ce n'est en rien naturel!

    Ayant eu une formation en psychologie qui justement m'amène à rechercher cette posture et ayant parfois moi-même des difficultés à tenir cette posture,j'ai conscience que cette posture bientraitante est complexe voire compliquée et en rien évidente.
    Mais je pense que tout à chacun nous pouvons au moins essayer de tendre vers cela et ainsi être des Colibris de la Bientraitance.

    Cet dynamique est bien sur favorisé si je suis moi-même bientraité au sein de mon institution.... dans le cadre de mon travail...

     


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  • Après vous avoir parlé de Maria Montessori , je voulais vous faire partager l'approche de Célestin Freinet qui a développé une pédagogie qui pourrait se résumer au fait qu'on ne comprend bien que ce qu'on transforme. Autrement dit, le savoir et l'apprentissage doivent s'ancrer dans le vécu et la vie de l'enfant pour avoir un sens et pour être compris et retenu par lui. (teteamodeler.com)

    Freinet définit ces principes en 30 "Invariants" qui avec quelques modifications sémantiques pourraient donner un outil à penser pour toutes institutions, établissements :

    Invariant n°1 La personne en situation de dépendance est de la même nature que le professionnel.

    Invariant n° 2 Etre "professionnel" ne signifie pas forcément être au-dessus des personnes en situation de dépendance.

    Invariant n° 3 Le comportement d'une personne en situation de dépendance est fonction de son état physiologique, organique et constitutionnel, psychique.

    Invariant n° 4 Nul - la personne en situation de dépendance pas plus que le professionnel - n'aime être commandé d'autorité.

    Invariant n° 5 Nul n'aime s'aligner, parce que s'aligner, c'est obéir passivement à un ordre extérieur.

    Invariant n° 6 Nul n'aime se voir contraint à faire un certain travail, même si ce travail ne lui déplaît pas particulièrement. C'est la contrainte qui est paralysante.

    Invariant n° 7
    Chacun aime choisir son travail, même si ce choix n'est pas avantageux.


    Invariant n° 8 Nul n'aime tourner à vide, agir en robot, c'est-à-dire faire des actes, se plier à des pensées qui sont inscrites dans des mécaniques auxquelles il ne participe pas.

    Invariant n° 9 Il nous faut motiver le travail.

    Invariant n° 10 Plus de conditionnement.

    Invariant10 bis Tout individu veut réussir. L'échec est inhibiteur, destructeur de l'allant et de l'enthousiasme.
     
    Invariant10 ter Ce n'est pas l'oisiveté qui est naturelle au professionnel, mais l'utilité.

    Invariant n° 11  Celui-ci demandrait trop de modifications ;-)

    Invariant n° 12 L'accompagnement, dont les institutions font tant de cas, n'est valable et précieuse que lorsqu'elle est vraiment au service de l'humanité.

    Invariant n° 13 Trop scolaire ;-)

    Invariant n° 14
    L'intelligence n'est pas, comme l'enseigne la scolastique, une faculté spécifique fonctionnant comme en circuit fermé, indépendamment des autres éléments vitaux de l'individu. 

    Invariant n° 15
    L'institution ne cultive qu'une forme abstraite de la réalité, qui agit, hors de la réalité vivante, par le truchement de mots et d'idées fixées par des spécialistes.


    Invariant n° 16 Les professionnels n'aiment pas recevoir des leçons.

    Invariant n° 17 Le professionnel ne se fatigue pas à faire un travail qui a pour lui du sens, qui est motivé et reconnu.

    Invariant n° 18 Personne n'aime le contrôle et la sanction qui sont toujours considérés comme une atteinte à sa dignité, surtout lorsqu'ils s'exercent en public.

    Invariant n° 19 Les notes et les classements sont toujours une erreur. 

    Invariant n° 20 Communiquer le plus possible.

    Invariant n° 21 Le professionnel n'aime pas le travail de troupeau auquel l'individu doit se plier comme un robot. Il aime le travail individuel ou le travail d'équipe au sein d'une communauté coopérative.

    Invariant n° 22 L'ordre et la discipline sont nécessaires dans une institution.

    Invariant n° 23 Les punitions sont toujours une erreur. Elles sont humiliantes pour tous et n'aboutissent jamais au but recherché. Elles sont tout au plus un pis-aller.

    Invariant n° 24 La vie nouvelle de l'Ecole suppose la coopération scolaire, c'est-à-dire la gestion par les usagers, l'éducateur compris, de la vie et du travail scolaire.

    Invariant n° 25 La mauvaise gestion des moyens est toujours une erreur institutionnelle.

    Invariant n° 26 La conception actuelle des grands ensembles institutionnels aboutit à l'anonymat des personnes en situation de dépendance et des professionnels; elle est, de ce fait, toujours une erreur et une entrave.

    Invariant n° 27 Une gestion humaine autoritaire à l'institution ne saurait être formateur de professionnels responsables.

    Invariant n° 28 On ne peut accompagner que dans la dignité. Respecter les  personnes en situation de dépendance, ceux-ci devant respecter les professionnels est une des premières conditions d'un fonctionnement serein. 

    Invariant n° 29 Trop politique et non-contextualisé

    Invariant n° 30
    Il y a un invariant aussi qui justifie tous nos tâtonnements et authentifie notre action: c'est l'optimiste espoir en la vie et l'humanité!
     
     
    Voilà, un exercice de style sûrement critiquable mais qui peut amener à réfléchir sur le fonctionnement actuel des institutions, non?
     

     

     

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  • Que l'on nous demande d'améliorer nos pratiques vis à vis des usagers/patients en faisant attention à leur intimité, leurs ressentis, leur dignité, leur sécurité, la qualité de leur prise en charge, je ne peux qu'approuver cette démarche...
    Oui nous devons être vigilants dans nos pratiques et continuer à avoir le souci de l'autre.

    Mais quand est-il de l'identité, la dignité, la sécurité, l'intimité et de l'intégrité des professionnel(le)s ??

    Quand est ce que les politiques, cadres, dirigeants, comprendront que c'est justement parce que les professionnel(le)s seront considéré(e)s dans l'ensemble de ces domaines qu'ils pourront alors être réellement Bientraitant(e)s envers l'Autre ??

    C'est parceque les professionnel(le)s pourront donner du sens à leur pratique, s'épanouir dans la relation, être reconnu(e)s dans leur fonction et dans leur utilité institutionnelle qu'ils seront dans de réelles prédispositions pour être ouvert(e)s à l'Autre, présents dans la relation, dans le soin, au sens du Care, de la préoccupation.

    Un professionnel n'est pas que professionnel, il a aussi une vie de famille, une vie sociale, une vie culturelle, une vie psychique qui l'animent et qui doivent être, dans une certaine mesure, bien sûr, prises en compte. Et c'est justement parce qu'il sera considéré dans toute cette globalité qu'il pourra s’inscrire dans l'institution, et travailler dans de bonnes dispositions, être là à 100%.


    Promouvoir la Bientraitance envers les usagers, oui mais aussi envers les professionnels, allons jusqu'au bout du raisonnement... !

      


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